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Testament et PACS : usufruit ou pleine propriété pour protéger son partenaire ?

PACS et testament : comparez usufruit et pleine propriété, leurs effets sur le logement, les enfants et la gestion, avec les règles en vigueur.

Testament et PACS : usufruit ou pleine propriété pour protéger son partenaire ?

Mis à jour le 10 septembre 2026.

Le partenaire pacsé n’hérite pas automatiquement. Un testament peut lui transmettre un bien en usufruit, pour l’utiliser ou en percevoir les revenus, ou en pleine propriété, pour lui donner l’ensemble des droits. Le bon équilibre dépend notamment du logement, de la présence d’enfants, de la quotité disponible et des contraintes de gestion. La rédaction doit être validée par un notaire.

Choisir entre usufruit et pleine propriété ne revient pas seulement à transmettre « moins » ou « plus ». Ces deux legs organisent des pouvoirs différents. L’usufruit peut préserver l’usage du logement tout en laissant la nue-propriété à d’autres héritiers. La pleine propriété offre davantage d’autonomie au bénéficiaire, mais consomme plus directement la part de succession dont il est possible de disposer.

Ce comparatif présente les règles applicables en France au 10 septembre 2026. Il ne permet pas de trancher un cas individuel, car le patrimoine, les titres de propriété, les enfants et la formulation du testament changent le résultat.

À retenir : le PACS exonère le partenaire bénéficiaire de droits de succession, mais ne lui confère pas la qualité d’héritier. Le testament crée le droit transmis. Son étendue doit respecter les droits des héritiers réservataires.
Testament et PACS : usufruit ou pleine propriété pour protéger son partenaire ?

Le PACS ne remplace pas un testament

Sans testament, le partenaire survivant ne reçoit aucune part de la succession au seul titre du PACS. Les biens personnels du défunt reviennent à ses héritiers légaux. La part que le survivant possède déjà dans un bien acheté ensemble reste évidemment la sienne. Il faut donc distinguer propriété actuelle et héritage.

Le survivant peut aussi bénéficier, sous conditions, de droits particuliers sur le logement principal pendant l’année suivant le décès. Cette protection temporaire n’équivaut ni à un legs viager d’usufruit ni à l’acquisition définitive du bien. Le régime du logement doit être vérifié selon que le couple était propriétaire, indivisaire ou locataire.

Lorsqu’un testament désigne le partenaire pacsé, les biens légués sont exonérés de droits de succession. Cette exonération fiscale ne supprime pas les limites civiles. En présence d’enfants, leur réserve héréditaire demeure protégée. La question centrale devient alors celle des droits à léguer et de leur articulation avec cette réserve.

Testament PACS usufruit ou pleine propriété : deux pouvoirs différents

La pleine propriété réunit l’usufruit et la nue-propriété. Le plein propriétaire peut utiliser le bien, en tirer des revenus et, en principe, le vendre ou le donner seul. Il supporte aussi les responsabilités attachées à cette propriété.

L’usufruit autorise le partenaire à occuper un logement ou à le louer et percevoir les loyers. La nue-propriété appartient à une autre personne, souvent un enfant. À l’extinction de l’usufruit, notamment au décès de l’usufruitier lorsqu’il est viager, le nu-propriétaire retrouve la pleine propriété sans nouvelle transmission de la part de l’usufruitier.

Point comparéLegs en usufruitLegs en pleine propriété
Usage du bienOui, selon la destination du bienOui
RevenusPerçus par l’usufruitierPerçus par le propriétaire
Vente de la pleine propriétéAccord du nu-propriétaire nécessaireDécision du propriétaire seul, sous réserve des contraintes propres au bien
Après le décès du bénéficiaireRéunion avec la nue-propriétéLe bien entre dans sa propre succession s’il le détient encore
Gestion familialeDroits partagésPouvoirs concentrés

Ce que protège réellement un legs d’usufruit

Pour une maison, l’usufruit peut procurer un droit d’occupation durable sans retirer définitivement la valeur patrimoniale aux nus-propriétaires. Si le partenaire quitte le logement, il peut en principe le louer et recevoir les loyers. Le testament doit toutefois identifier clairement le bien, préciser si l’usufruit est viager ou temporaire et anticiper le cas où le logement serait vendu avant le décès.

Cette solution crée une gestion à plusieurs. L’usufruitier assume en principe l’entretien courant et les charges liées à la jouissance. Les grosses réparations relèvent normalement du nu-propriétaire, sauf si elles résultent d’un défaut d’entretien. Une vente amiable de la pleine propriété requiert leur accord commun. Le prix peut ensuite être réparti ou reporté sur un autre actif avec un cadre adapté.

Pour de l’argent ou certains placements, le démembrement soulève d’autres questions. Lorsque l’actif est consommable, un quasi-usufruit et une créance de restitution peuvent apparaitre. Leur preuve, leur montant et leur traitement futur justifient une convention préparée avec le notaire. Une simple formule copiée dans un modèle de testament PACS est rarement suffisante pour régler ces effets.

Ce que change un legs en pleine propriété

La pleine propriété donne au partenaire une latitude plus large. Pour le logement, il peut l’occuper, le louer ou le vendre sans devoir obtenir l’accord d’un nu-propriétaire, sous réserve d’une indivision éventuelle, d’un emprunt, des droits des autres propriétaires et des clauses applicables. Cette autonomie peut compter lorsque le survivant devra déménager ou financer sa dépendance.

En contrepartie, le bien appartient définitivement au partenaire. S’il le conserve jusqu’à son décès, il suivra sa propre succession. Les enfants du premier défunt n’ont donc aucune certitude de le récupérer, sauf montage juridique distinct. Le legs en pleine propriété peut aussi dépasser la quotité disponible. Les héritiers réservataires pourraient alors demander sa réduction.

Enfants et quotité disponible fixent la marge de manœuvre

Les enfants, communs ou non, sont héritiers réservataires. Au 10 septembre 2026, la réserve représente la moitié de la succession avec un enfant, les deux tiers avec deux enfants et les trois quarts avec trois enfants ou davantage. La quotité disponible, que le testateur peut attribuer librement, correspond respectivement à la moitié, au tiers ou au quart.

Cette vérification ne consiste pas toujours à comparer la valeur affichée d’un bien à une fraction. Il faut reconstituer la masse de calcul, tenir compte des donations antérieures, qualifier les biens communs ou indivis et évaluer le droit légué. Un legs portant sur l’usufruit de toute la succession appelle notamment une analyse des règles civiles propres aux libéralités en usufruit et des options éventuellement ouvertes aux héritiers.

En l’absence d’enfant, la liberté de disposer est généralement plus étendue, mais elle n’autorise pas à ignorer les autres contraintes. Un droit de retour sur certains biens familiaux, une indivision, une clause bénéficiaire d’assurance-vie ou une dette peuvent modifier l’équilibre. Le partenaire ne doit pas confondre l’exonération fiscale liée au PACS avec une liberté civile illimitée.

Deux scénarios pour comparer sans choisir à votre place

Premier scénario : le défunt laisse un partenaire et deux enfants, ainsi qu’une résidence principale. Un legs d’usufruit du logement peut sécuriser l’occupation et réserver la nue-propriété aux enfants. Il impose cependant une coordination pour les gros travaux et une éventuelle vente. L’âge du partenaire, ses revenus, le cout d’entretien et ses projets de mobilité sont déterminants.

Second scénario : le partenaire doit pouvoir vendre rapidement pour racheter un logement plus petit. La pleine propriété peut simplifier cette décision. Encore faut-il que la valeur léguée reste compatible avec la quotité disponible et que la transmission ultérieure corresponde aux intentions du testateur. Une combinaison est parfois étudiée, par exemple la pleine propriété de certaines liquidités et l’usufruit du logement, mais sa pertinence dépend des chiffres réels.

Rédiger le testament sans créer une protection illusoire

Un testament olographe doit être entièrement écrit à la main, daté et signé par son auteur, conformément à l’article 970 du Code civil. Un document tapé puis signé ne remplit pas cette forme. Le testament authentique obéit à un formalisme notarié différent. Le dépôt chez un notaire et l’inscription au Fichier central des dispositions de dernières volontés facilitent sa découverte au décès.

  1. Recenser les biens, leurs propriétaires, les emprunts et les donations déjà consenties.
  2. Identifier les héritiers réservataires et calculer la marge réellement disponible.
  3. Décrire précisément le legs, son bénéficiaire, son étendue et sa durée.
  4. Prévoir les situations de remplacement, de vente du bien ou de rupture du PACS.
  5. Faire contrôler la cohérence du testament avec les clauses d’assurance-vie, les statuts de société et les titres de propriété.

Le PACS peut être rompu et le couple peut se marier après la rédaction. Une naissance, une donation ou la vente de la maison peut également rendre le texte inadapté. Une relecture périodique évite qu’un testament ancien produise un résultat éloigné de l’intention initiale. Le notaire peut aussi vérifier les conséquences d’une révocation ou d’un nouveau testament.

Sources officielles à vérifier avant de décider

Les règles générales sont présentées par Service-Public sur le PACS et la succession. Les articles 515-6, 912, 913, 917, 970 et suivants sont consultables dans le Code civil sur Légifrance. Les aspects pratiques du PACS, du testament et du logement sont également abordés par Notaires de France. Ces sources doivent être relues à la date de signature, car la loi et la doctrine peuvent évoluer.

Questions fréquentes

Quel est le rôle de l’usufruit dans un testament PACS ?

Il permet de léguer au partenaire l’usage d’un bien et ses revenus sans lui transmettre la nue-propriété. Pour une maison, il peut y vivre ou la louer. Les pouvoirs, charges, réparations et conditions de vente sont alors partagés avec le nu-propriétaire.

Qui hérite lors d’un PACS avec testament ?

Le partenaire reçoit uniquement ce que le testament lui lègue, dans la limite des règles protectrices des héritiers réservataires. Le reste revient aux héritiers légaux ou aux autres légataires désignés. La réponse dépend donc du contenu du texte et de la composition familiale.

Comment protéger son partenaire pacsé avec un testament ?

Il faut choisir les biens et les droits transmis, puis vérifier leur compatibilité avec la réserve des enfants. Usufruit, pleine propriété ou combinaison peuvent produire des effets très différents. Un notaire peut contrôler le projet à partir du patrimoine réel et conserver le testament.

Que mettre dans un testament pour son PACS ?

Le texte doit identifier sans ambiguïté le partenaire et le legs, préciser s’il porte sur l’usufruit ou la pleine propriété et désigner clairement les biens concernés. Il doit aussi respecter la forme testamentaire choisie. Un modèle générique ne remplace pas l’examen des titres, des enfants et des donations.

Nicolas