Si vous écoutez les informations, vous avez dû entendre que les marchés financiers en ce moment sont mouvementés. Effectivement, au plus haut, le 27 avril 2015, le CAC 40 atteignait les 5 283 points. A la clôture du 17 juin, nous étions retombés à 4 790 points, soit une baisse de 9,3% en 2 mois. Depuis le début de l’année, le marché français est néanmoins toujours en hausse de plus de 12,1%.

Je vous propose aujourd’hui ma vue sur la stratégie à mettre en place.

Si vous trouvez le marché financier étrange, imaginez-le comme quelqu’un qui a ses petites habitudes. Il aime bien les certitudes, bonnes ou mauvaises peu importe, du moment qu’elles sont certaines. Les subprimes ont créé une bulle d’endettement ? Les marchés dévissent. On a trouvé de nouvelles technologies qui facilitent la vie ? Les marchés sont euphoriques.

En revanche, l’heure actuelle est à l’incertitude. Et ça, le marché n’aime pas.

Un peu comme si on essayait de vous chatouiller et que vous tentiez de vous échapper. Par exemple :

  • La Grèce va-t-elle pouvoir rembourser sa dette ? Ou va-t-elle faire faillite ? On parle d’une problématique politique, avec une incertitude totale quant à sa résolution. Aïe…
  • Madame Janet Yellen va-t-elle remonter les taux ? Autant la réponse est positive de manière certaine, mais quand ? En septembre ? En décembre ? En 2015 ou 2016 ? Iiiik…
  • La croissance américaine est-elle ou sera-t-elle assez robuste pour supporter cette hausse de taux ? Aouch…
  • La croissance chinoise est-elle réelle ou politiquement truquée ? Grrrr…
  • Les niveaux des taux d’intérêts sont-ils légitimes étant donnée l’économie sous-jacente ? Hum…
  • L’Euro doit il être valorisé à 1$ pour 1€ ? Mais…

A chaque fois qu’un de ces sujets arrive, le marché ne sachant à quel saint se vouer gigote, trépigne, sursaute, bref, génère de la volatilité. Ajoutons à cela que les 4 premiers mois de l’année ont vu une croissance des cours en ligne droite continue, et on comprendra que les investisseurs souhaitent respirer un peu. Ils prennent donc leurs gains, asseyent leur performance avant de se préparer à réinvestir. Et en ce moment, du risque il y en a !

Même remarque sur les taux. D’un côté, Bill Gross (une légende vivante des taux, à l’instar de George Soros dans l’analyse macro-économique ou Warren Buffet dans la sélection d’actions) trouve qu’ils sont trop faibles et décide de les vendre à découvert. De l’autre BlackRock, gestionnaire d’actif ayant 4 800 Milliards de $ sous gestion (soit 2 fois le PIB de la France) qui déclare que lorsque les taux allemands atteignent 1%, il faut en acheter car l’économie sous-jacente est performante ! D’un côté un gourou, de l’autre un gestionnaire à la puissance de frappe fabuleuse, et au milieu la Banque Centrale Européenne qui arbitre et qui de toute façon achète tous les titres qu’elle trouve. Le problème, c’est qu’elle assèche la liquidité et rend le marché des taux étroit et donc très risqué… Équation très complexe s’il en est.

Mais il y a également de bonnes nouvelles !

  • L’économie européenne montre depuis plusieurs mois, voire trimestres maintenant, une stabilité économique et une reprise évidente de sa croissance. Même la Banque de France y va de son couplet et se déclare plus optimiste que le gouvernement (ce qui est totalement nouveau, vu que nos hommes politiques ont un naturel positif en ce qui concerne la croissance, cela leur évite d’avoir à faire des économies structurelles… Mais c’est un autre sujet !).
  • L’Euro est à un niveau faible ce qui améliore la compétitivité de nos entreprises. Et la nouveauté, c’est que même nos amis, la locomotive (moitié électrique, moitié à charbon…) de l’Europe, l’Allemagne, par la voie de Madame Merkel, signifie sa volonté de maintenir le cours de l’Euro à un niveau faible. De son côté, M. Obama fait son possible lorsqu’il voit l’Euro descendre trop bas, pour faire ses propres déclarations et maintenir sa monnaie pour qu’elle ne se renforce pas trop, ce qui créerait des difficultés à son économie. Conclusion, l’Euro traite dans une fourchette comprise entre 1,07$ et 1,15$.
  • Le pétrole, même s’il est récemment remonté, est toujours à un niveau faible. Ici aussi, la nouvelle donne provient des Etats-Unis, officiellement le premier producteur mondial devant l’Arabie Saoudite (merci le pétrole de schiste). Encore une fois, c’est un avantage pour l’industrie et toutes les sociétés qui en ont besoin.
  • Les taux sont encore faibles, permettant un accès au crédit plus aisé
  • Les investisseurs institutionnels sont aujourd’hui largement sous-investis, prêts à dégainer.

La Grèce est aujourd’hui le facteur X.

Va-t-on la refinancer ? La Grexiter ? La mettre en défaut ? Une fois que cette incertitude sera levée, les marchés se concentreront à nouveau sur les fondamentaux cités économiques. Dans les principales salles de marché, les acteurs des marchés sont à l’affut de « points d’entrée ». Ce sont des niveaux de cours de titres de sociétés qui touchent des niveaux où le ratio risque pris/rendement attendu est favorable. Les discussions que nous avons pu avoir avec eux montrent qu’ils investissent à nouveau dans les actions, mais continuent de délaisser les taux.

Nous maintenons donc aujourd’hui notre perspective de surperformance des actions à horizon 18 mois. Comme nous l’avons toujours dit, l’investissement en action est source de risque, mais également de profit.

La période actuelle crée des opportunités.

Voici plusieurs conseils que vous pouvez utiliser :

  • Si vous avez des capitaux à placer à 12-18 mois, que ce soit dans un contrat d’assurance-vie, un PEA, ou tout autre support, placez en 10% à 20% chaque semaine, et laissez venir. Vous pouvez toujours suivre ces placements et prendre vos gains lorsque vous gagnez 10-20%.
  • Si vous suivez les marchés de plus près, vous pouvez investir plus massivement d’un coup, mais il faut être prêt à réagir aussi rapidement d’un côté que de l’autre.

Si vous êtes investis en assurance-vie, vous pouvez utiliser des OPCVM sur les actions européennes (DNCA Value Europe, Generali Europe Mid-Cap, Tocqueville Europe, State Street Europe Small Cap, Moneta Multi Caps, Oddo Avenir Europe, Echiquier Agressor).

Si vous êtes investis en PEA, vous pouvez utiliser des trackers/ETF, de type Amundi ou Lyxor, sur le CAC, le FTSE (marché anglais), le DAX (marché allemand) ou les marchés nordiques. Si vous avez un profil plus orienté vers le trading, vous pouvez même utiliser l’ETF Lyxor CAC à double levier (FR0010592014). Attention néanmoins à ne l’utiliser qu’à court terme, le montage n’est pas fait pour être conservé sur long terme.

Laurent Lhermenier

Après une dizaine d’années de consulting dans les services financiers, Laurent s’oriente vers la gestion patrimoniale. Devant la difficulté à accéder à une information claire et pertinente, il décide de créer Le Blog Patrimonial pour partager et échanger autour de la gestion patrimoniale.

Laurent est notamment diplômé du D.U. de Clermont-Ferrand (Expert en Gestion de Patrimoine) et du CESA MMP H.E.C